Cessons de faire de la BCE un bouc émissaire
Les critiques, explicites ou implicites, contre l'indépendance de la BCE et de l'Eurosystème faisant florès en ce moment « dans la campagne française aux élections présidentielles, sont irresponsables » a déclaré hier le [...]

Le journal
Depuis quelques jours le débat sur l'euro fort fait rage. Il a progressé de 13% par rapport au dollar depuis le début de l'année (soit de 6,6% depuis le mois d'octobre). Quelles conséquences ? Le Ministre allemand des finances, Peer Steinbrück souhaite « éviter les fluctuations trop rapides et brutales des taux de change » mais il a ajoute que « les parités sont déterminées par les marchés » ce qui conduit, à ses yeux, à abandonner toute « intervention politique ». C'est pourquoi il envisage « une petite pause de la consommation » tout en estimant qu'elle ne sera « pas durable ». De son côté, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, constate que les mouvements de change ne peuvent pas être qualifiés de « brutaux ». L'interprétation allemande ne partage pas la crainte française puisque P. Steinbrück ajoute : « je ne pense pas qu'il faille être trop inquiet de la situation ni dramatiser les choses, sachant qu'il faut éviter les à-coups et les bouleversements trop brutaux qui peuvent avoir un impact négatif sur l'économie ».
Madame Royal semble décidée à revisiter tous les vieux clichés poujadistes. Après les banques et les enseignants, elle s'en prend maintenant à la BCE et à son Gouverneur, Jean-Claude Trichet, à qui il est reproché d'imposer son "diktat" sur l'économie. Il est certes savoureux de constater que la candidate socialiste veut défendre la démocratie économique, oubliant son attachement aux monopoles publics, qui interdisent toute liberté de choix aux citoyens, traités ainsi comme d'éternels mineurs .... Madame Royal nous offre cependant l'occasion de rappeler le rôle essentiel de la Banque Centrale Européenne, dont la particularité est d'échapper au "court termisme", tentation fréquente de certains dirigeants.
Souvent, dans mes billets, j'évoque le lien qui peut exister entre la productivité et le salaire. Peut être convient il de rappeler le mécanisme qui lie les deux. A l'instar de savoir qui de la poule où de l'oeuf était là à l'origine, on peut se demander lequel détermine l'autre. En s'interrogeant sur la relation de cause à effet, il est devient moins évident que la fort bonne performance française en terme de productivité puisse toujours être décomptée de façon positive.
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