Réglons maintenant le problème de la dette, vraiment !

Je vous invite vraiment à lire leur tribune publiée dans le Figaro qui souligne l'importance du combat contre la dette, le consensus qui s'était dessiné pendant la campagne pour mener ce combat, et la nécessité d'ouvrir un chemin concret pour y parvenir. Ils citent l'outil qu'avec Didier Migaud, la LOLF, nous avons conçu pour avancer sur cette voie exigeante. Ils recommandent d'utiliser la « fenêtre de tir » offerte par cette volonté politique partagée et le début d'une législature pour s'y consacrer pleinement. Sur ce blog qui s'est intitulé, dès son ouverture, comme « le blog de la LOLF », n'hésitez pas à intervenir à ce sujet et à faire vos propositions, notamment si vous êtes acteurs de l'action publique.
Dans les heures qui viennent, contrairement ce que pensent la plupart des Français, ce n'est pas le choix de telle ou telle personnalité pour occuper des fonctions ministérielles qui compte le plus. L'essentiel est ailleurs : dans le découpage des ministères et leurs futures attributions. Pour parler de ce que je connais le mieux, j'imagine la sourde bataille qui se déroule autour de Bercy. L'appartenance à l'énarchie et aux grands corps de certains futurs ministres ne doit pas faciliter la tâche. Et pourtant l'urgence, l'impérieuse nécessité consiste dans la création de ce « ministère des comptes publics » pour le lequel je me bas depuis 5 ans ! Le point stratégique le plus immédiat consiste à stabiliser au plus vite les attributions de ce ministère, afin d'éviter que des « contre-feux » ne s'organisent de toute part, soit au sein de la sphère sociale, soit au sein même de la citadelle de Bercy, pour sauver les organigrammes, les droits acquis des grands corps, les perspectives de débouchés et autres douceurs bien connues. L'objectif d'intérêt supérieur pour les Français n'est pas mince. Il s'agit de réunir, entre les mêmes mains, le cadrage des finances de l'Etat, de la Sécurité Sociale, et des Collectivités Locales, afin de retrouver, sans délai, la pleine maîtrise de nos finances publiques, réduire notre dette, renouer avec un niveau de déficit qui ne dépasse pas nos investissements, et améliorer la performance de l'action publique.
Nicolas Sarkozy est officiellement président de la République. Il a pris ses fonctions mercredi matin et a prononcé son premier discours de chef d'Etat.
« Là où il y a 3 économistes, il y a 4 opinions » me plaisantait un jour un étudiant. Reconnaissons que la multiplicité des choix politiques faits par les économistes, connus ou moins célèbres, dans la récente période électorale, peut effectivement étonner. Quel crédit accorder à une discipline qui semble pouvoir tout dire et son contraire ? Cependant, à y regarder de plus prés, les différences apparaissent bien moindres qu'on pourrait le penser au premier abord, comme le montre une comparaison d'économistes emblématiques des différents camps. Juste une précision préalable : dans les lignes qui suivent, j'indiquerai entre parenthèses les initiales du candidat soutenu par l'auteur cité.
Nicolas Sarkozy a plusieurs fois pris position en faveur de la création d'un ministère chargé des affaires financières, qui serait en charge des comptes publics (Etat, sécurité sociale, collectivité locale) et de la modernisation de l'Etat, distinct du ministère chargé de la stratégie économique, chargé lui de conduire la politique économique et de favoriser la croissance de notre pays.