La PPE un outil à l’efficacité discutable
Depuis l'origine, je reste sceptique sur l'efficacité de ce dispositif. Même si j'adhère totalement au principe : « faire en sorte que le travail paye davantage que l'assistance ! » Il reste que cette prime [...]
Les débats sur la prime pour l'emploi, le chèque transport et autres mesures supposées accroître le pouvoir d'achat m'obligent à sortir de ma réserve sur le sujet, car il est au coeur de la relation de confiance à nouer entre la classe politique et les Français. Leur laisser croire qu'il dépend de la seule volonté du gouvernement d'améliorer leur sort est une tromperie dont il faut désormais se garder. Sauf à entretenir une relation insincère qui finit toujours mal et qui affecte, selon moi, gravement les fondamentaux démocratiques.
Dans un billet en date du 14 juin dernier, traitant des retraites, j'expliquais que la traduction des engagements de retraite sous forme d'une dette implicite n'avait pas été effectuée. Il se trouve qu'il y a quelques semaines, l'INSEE a publié un document intitulé "les engagements implicites des systèmes de retraite" qui établit ce chiffrage. Voilà donc quels en sont les principaux enseignements.
Lisant une ITW de Julien Dray dans le Figaro de ce WE, je suis déçu de voir l'intéressé, pour lequel j'ai cependant une réelle estime, se livrer à un exercice de démagogie qui n'est pas digne de lui. Il oppose la réduction de la dette (qu'il qualifie de sourire des grands banquiers) avec le pouvoir d'achat de nos concitoyens. Comme si les deux sujets étaient de même nature. S'agissant d'abord de la dette, faut-il rappeler que les banquiers, petits ou grands, ne prêtent jamais que l'épargne de leurs clients. La dette française est issue de l'épargne des Français à hauteur d'environ 60 %. Il ne s'agit donc pas d'un sourire mais des revenus des épargnants parfois modestes. Envisage-t-il de ne pas les rembourser ? A moins de renvoyer la facture à nos enfants, par lâcheté. Par charité, je n'évoque même pas l'hypothèse d'un relèvement des taux qui se transformerait immédiatement en drame pour le budget de la France. Leur montant est déjà le 2ème poste budgétaire, jusqu'où irait-on avec un raisonnement comme le sien ?